Extraits de l'article du Parisien de Matthieu Pelloli | 03.12.2010
(...) Pour mieux accueillir les sans-domicile-fixe, la ville d’Asnières vient de rénover l’intégralité de son centre d’hébergement d’urgence du Havre, situé au 59,
boulevard Voltaire et ouvert en 1994.
L’endroit, inauguré officiellement hier soir, est conçu pour accueillir dix personnes chaque nuit. La cuisine a été entièrement réaménagée. Les douches ont été
refaites, les dortoirs ont disparu au profit de chambres pouvant accueillir un, deux ou trois personnes. Surtout, cette nouvelle configuration permet désormais au centre d’ouvrir ses portes aux
femmes.
Sébastien Pietrasanta, le maire (PS) d’Asnières, insiste : « Avec l’effet crise, il y a de plus en plus de femmes à la rue. Et relativement peu de centres qui
répondent à cette problématique. »
Jean-Luc Ragnatela, responsable du centre, confirme : « On ne les voit pas beaucoup, mais il y en a énormément. Des femmes seules avec enfants… Beaucoup sont prises
en charge par le dispositif hôtelier du 115, mais d’autres n’ont nulle part où aller. » Gordna a 52 ans, elle habitait Puteaux. Brûlée sur la moitié du visage, elle a été retrouvée dans le coma
lors de l’incendie de son appartement. Puis ce fut la descente aux enfers, la rue et les appels au 115 : « Ici, c’est le meilleur centre que j’ai fréquenté », glisse-t-elle à propos du Havre. «
C’est propre, on s’y sent bien. » Yannick, 39 ans, confirme : « C’est du très haut niveau, la Rolls-Royce des centres d’hébergement. Ça fait du bien de venir ici, c’est même primordial
psychologiquement. » Au centre, quelques-uns de ces « brisés de la vie » refont des projets : Gordna veut « repartir en Serbie ouvrir un centre d’hébergement pour orphelins. » Yannick a déposé
plus de 100 CV pour retrouver un emploi.
Jean-Luc Ragnatela détaille la façon dont les sans-domicile sont quotidiennement pris en charge : «Nous leur donnons accès à une douche, à une machine à laver pour
leurs affaires, et nous leur offrons le repas du soir et le petit déjeuner du lendemain matin. » Tout est gratuit. « Nous leur proposons aussi des entretiens, ajoute le directeur du centre, une
évaluation de leur situation pour une possible orientation vers des travailleurs sociaux… »
Au total, les investissements réalisés par la ville d’Asnières, aidée par la région Ile-de-France et l’Etat, se montent à 114830 €. Avec cet équipement, la municipalité se félicite de remplir ses obligations en matière d’hébergement des personnes sans-domicile fixées par la loi du 25 mars 2009, qui impose aux communes de se doter d’une place d’hébergement pour 1000 habitants. (...)

