Jeudi 27 mars 2008 4 27 /03 /Mars /2008 15:46

L’ex-maire d’Asnières entendu par la PJ

 

Quatre jours après son échec aux élections municipales, l’ancien maire d’Asnières, Manuel Aeschlimann, était convoqué par la police judiciaire parisienne. Pendant plusieurs heures, jeudi dernier, cet ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, également député, a été entendu par la brigade de répression de la délinquance économique (BRDE). Des auditions qui s’inscrivent dans le cadre de trois enquêtes préliminaires distinctes ouvertes par le parquet de Nanterre. La première concerne l’utilisation inappropriée de fonds parlementaires à des fins privées. Une deuxième enquête vise un marché de restauration collective passé avec Avenance. Les policiers doivent vérifier s’il n’y a pas eu favoritisme dans l’attribution de ce marché. Cette procédure a déjà valu une garde à vue de trente-six heures à Bernard Loth, l’ancien directeur général des services.

Enfin, Manuel Aeschlimann a été interrogé sur les « fichiers ethniques », ces listings d’électeurs comportant les nom, prénom, adresse, date et pays de naissance susceptibles d’avoir été exploités par le maire au mépris des règles imposées par la Cnil.


Par ailleurs, hier, le nouveau maire socialiste d’Asnières, Sébastien Pietrasanta, a indiqué qu’il allait saisir la chambre régionale des comptes et informer le procureur de la République de Nanterre dans une toute autre affaire. Sébastien Pietrasanta vient en effet de découvrir que son prédécesseur a fait diffuser la semaine dernière, et aux frais de la mairie, 27 500 exemplaires du rapport intégral de la cour régionale des comptes consacré à la gestion de la commune. Un rapport qu’il n’avait pas voulu rendre public avant les élections municipales. Et pour cause, il s’avère cinglant sur sa propre gestion entre 1999 et 2006. Mais dans son courrier, Manuel Aeschlimann accompagne le rapport de vingt-cinq pages de commentaires personnels pour arriver à la conclusion qu’il laisse « une situation financière saine et innovante ».


« C’est le dernier coup d’esbroufe d’un maire qui a perdu et qui jurait hier, la main sur le cœur, qu’il serait un opposant constructif, s’insurge Sébastien Pietrasanta. Cette initiative est scandaleuse et a coûté environ 40 000 € au budget municipal. » Manuel Aeschlimann n’a pu être joint hier.

 

Marisa Faïon et Valérie Mahaut

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