Mercredi 2 juillet 2008 3 02 /07 /Juil /2008 16:06

Asnières sur scène


Entre apaisement et règlements de comptes

 

Première décision au matin de sa victoire aux élections municipales : s’acheter des costumes et des cravates ! Car, du jour au lendemain, Sébastien Pietrasanta, 30 ans, conseiller régional (PS), s’est retrouvé à la tête d’une des villes les plus importantes des Hauts-de-Seine : Asnières et ses 83 300 habitants, fief depuis 1999 d’un proche de Nicolas Sarkozy, député UMP et désormais ancien maire, Manuel Aeschlimann. Celui-ci, affaibli par des querelles internes à sa majorité, pâtissant d’une image sulfureuse, a mis genou à terre le 16 mars, au second tour des élections municipales.

Le jeune et nouveau maire socialiste veut faire d’Asnières « une ville enfin apaisée et transparente ». Y parviendra-t-il dans un contexte financier difficile alors que l’opposition de droite, Manuel Aeschlimann en tête, rend coup pour coup lors de conseils municipaux houleux ? C’est de bonne guerre, mais en prenant possession du bureau du maire après son élection, Sébastien Pietrasanta a trouvé les armoires vides et les ordinateurs nettoyés. Manuel Aeschlimann n’avait laissé qu’un cactus dans la pièce en signe de « bienvenue » et surtout en avertissement des luttes à venir. Car le maire, proche de Julien Dray au parti socialiste, entend exercer son droit d’inventaire.

Dès sa prise de pouvoir, jugeant la situation financière d’Asnières « catastrophique avec une dette énorme de 200 millions d’euros », il a commandé un audit sur la gestion de son prédécesseur. Sébastien Pietrasanta a immédiatement réduit les frais d’avocat de 250 000 euros – l’ancien maire avait engagé de multiples procédures judiciaires contre ses détracteurs -, taillé dans les frais de communication, de réception, de carburant…


Le 26 mai, lors de l’examen des comptes 2007, la tension avec l’opposition est montée d’un cran. Le nouveau maire a dévoilé des factures de stylos de luxe à 400 euros pièce, de jeux d’échecs, de dictionnaires achetés par son prédécesseur. « Si les dossiers disparaissent des placards, les factures, elles restent », avait glissé Sébastien Pietrasanta au soir de ce conseil municipal. « Ce sont des règlements de compte, s’indigne Manuel Aeschlimann. Ces stylos, ces jeux, ces livres étaient des cadeaux faits aux associations ou aux enfants accidentés. Insinuer qu’ils étaient pour mon usage personnel est honteux. »

           
Les centres de loisirs ouverts plus tard le soir, la police municipale réorientée vers des missions de proximité et le programme de vidéosurveillance revu à la baisse, les marges de manœuvre du maire PS sont toutefois réduites même si des financements Anru (Agence nationale pour la rénovation urbaine) sont attendus pour les quartiers sensibles situés au nord de la commune.


           
Devra-t-il augmenter les impôts des Asniérois ?


« A partir de cet audit publié en septembre, nous prendrons les décisions qu’il faut. Nous trouverons des financements. Je veux mettre en œuvre notre programme. Il faut créer davantage d’équipements publics, de crèches et d’écoles, car nous sommes à un point de saturation », affirme le nouveau maire. La ville est prise d’assaut par les Franciliens en quête de logements : en neuf ans, Asnières a gagné 7 000 habitants.

 

Jean-Pierre Dubois

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