Partager l'article ! Suite de l'interview de Première Heure, 10 juin 2008: Le nouveau maire Pietrasanta a pris son bâton de pèlerin de Clichy à Gennevil ...
Le nouveau maire Pietrasanta a pris son bâton de pèlerin de Clichy à Gennevilliers
Boucle Nord : Asnières veut, désormais, « rayonner » dans une interco de projets
Avec deux maires PS en plus, la boucle Nord change de visage politique. Nicolas Sarkozy qui voulait, en son temps, créer une intercommunalité à partir de Neuilly vers le Nord des Hts-de seine voit son rêve réalisé… par des socialistes. A peine élu, Sébastien Pietrasanta a déjà pris son bâton de pèlerin et a rencontré ses voisins : de Clichy à Gennevilliers y compris le maire UMP de Bois-Colombes. « Avant une communauté institutionnelle, bâtissons une interco fonctionnelle de projets », plaide le nouveau maire d’Asnières. Avec Gennevilliers, un communiqué commun pour le désengorgement de la ligne 13 a été publié hier. Le 14 juin, jour de l’inauguration des nouvelles stations, MM. Bourgoin et Pietrasanta organiseront des festivités communes. Car le maire d’Asnières veut faire « rayonner » sa ville et en finir avec des substantifs qui collaient à son nom : Asnières, la ville des « affaires » et des « querelles ».
(suite de notre interview)
Première Heure : Quels sont vos projets en matière d’intercommunalité dans la boucle
Nord ?
Sébastien Pietrasanta : J’ai une forte volonté de construire une intercommunalité. Dès les premiers jours, j’ai pris mon bâton de pèlerin et suis allé voir mes collègues : j’ai
rencontré le maire de Gennevilliers pour préparer l’inauguration des nouvelles stations de métro de la ligne 13 du 14 juin. Jacques Bourgoin n’avait eu aucun contact avec le maire d’Asnières
depuis 7 ans ! Nous ferons des festivités communes Asnières-Gennevilliers pour cette inauguration. J’ai aussi rencontré le maire de Bois-Colombes et de Courbevoie sur la question de la gare
de Bécon, j’ai rencontré le maire de Colombes, un ami. Et j’ai déjeuné avec le maire de Clichy. J’ai donc fait le tour de mes voisins avec un objectif clair : la construction d’une
intercommunalité.
P.H. : Avec une construction institutionnelle à terme ?
S.P. : J’aurais le même discours que sur le Grands Paris : la question institutionnelle doit se poser dans un second temps. D’abord, tenons des réunions fonctionnelles, bâtissons des
projets concrets et ensuite se posera l’établissement d’une communauté d’agglomération. Mais ma volonté est de construire une communauté institutionnelle. Avec qui ? Quand ? Ces
questions se règleront après. Nous en sommes à la volonté politique qui, je pense, est partagée par un certain nombre de maires de la boucle Nord. Au-delà des couleurs politiques. Une interco
monocolore ne m’intéresse pas. Elle doit être fonctionnelle. Yves Révillon, pourtant UMP et avec lequel je m’entends très bien humainement, je souhaite qu’il soit dans l’intercommunalité avec
Gennevilliers, Clichy et Villeneuve… Avec les maires que j’ai rencontrés, nous avons décidé de nous revoir avant le 14 juillet sur les dossiers en cours. Aussi se posera l’éventualité d’élargir
l’interco à St-Ouen, Argenteuil, Nanterre dans l’avenir. Je n’ai pas de tabou sur le sujet.
P.H. : La saturation de la ligne 13 : le dossier le plus sensible pour vous ?
S.P. : Il y a beaucoup de dossiers urgents, mais je dirais que ce sera mon combat pour la mandature et mon bras de fer principal avec l’Etat et le gouvernement pour faire bouger les
choses. Il est trop facile pour Sarkozy de critiquer le conseil régional sur le RER A mais il n’y a que l’Etat qui dispose des leviers pour agir fortement sur les transports. Pour la ligne 13, il
faut 1,5 milliards pour régler en majeure partie les problèmes. Très bien de mettre des portes palières, très bien de mettre en place le système Ouragan, mais ce sont des mesurettes par rapport
au problème structurel de désengorgement. A ce jour, je ne suis pas d’accord avec la RATP qui propose de résorber la ligne 13 par Métrophérique dans 15 ou 20 ans. Je suis usager de la ligne 13 et
comme beaucoup je suis inquiet sur l’augmentation de la fréquentation même si je me réjouis de l’ouverture des 2 stations qui vont déghettoïser nos quartiers.
P.H. : Justement, l’un de vos objectifs n’est-il pas de désenclaver Asnières.
S.P. : Oui, mais je positiverai en disant : mon objectif est de faire rayonner Asnières dans tous les domaines ! En termes de transports (ligne 13, accessibilité de la gare de
Bécon) vers l’extérieur et l’intérieur d’Asnières : j’ai demandé à la RATP de faire une étude d’impact pour que le bus municipal « Désiré » desserve tous les quartiers et avec
des horaires plus fréquents. Et il y a le rayonnement culturel, économique… Enfin, je veux qu’Asnières soit synonyme d’apaisement. La ville n’était connue que par les affaires et les polémiques
stériles. Je veux dépasser tout cela. Cet été, il y aura des animations. Le château d’Asnières sous-utilisé sera mis en avant pour des manifestations culturelles. Nous créerons un office de
tourisme, car nous avons du patrimoine. Parlons d’Asnières autrement qu’au travers des affaires et des querelles ! Et déjà nous aurons fait un
grand pas !
P.H. : A 30 ans, vous faites tomber une ville symbole du sarkozysme. Comment vivez-vous cela ?
S.P. : Avec une certaine fierté, mais avec une certaine modestie (rire). Je ne me suis pas dit « ça fait 50 ans qu’Asnières est à droite » mais je me suis dit « il y avait un
système, qui au-delà du système sarkozyste, était le système Aeschlimann, qui était nuisible pour les Asniérois ». Les Asniérois s’en sont rendu compte puisque nous avons fait près de 52%.
Mais nous avons peu savouré la victoire, si ce n’est le dimanche soir où nous avions la tête dans les nuages. Dès le lundi matin nous étions au travail ! J’ai d’abord acheté quelques
costumes et des cravates et je me suis mis au travail. Depuis nous n’arrêtons pas parce que nous sommes consciencieux.
P.H. : Manuel Aeschlimann est toujours député. A-t-il selon vous la légitimité pour rester ?
S.P. : je ne vais pas lui demander de démissionner ! Il a été élu il y a un an par le suffrage universel. A lui d’en tirer les conséquences depuis. Je respecte le calendrier et l’on
verra au moment des législatives s’il se représente ou non, si sa femme se présente ? En ce qui me concerne, chaque chose en son temps. Le travail pour Asnières ne manque pas. Les
législatives sont dans 4 ans : la route est longue d’ici là.
P.H. : Comment vous situez-vous au PS dans la perspective du congrès de Reims ? Gilles Catoire a rejoint Bertrand Delanoë.
S.P. : Je suis socialiste, pas forcément libéral (rire). Plus sérieusement, le Congrès ne doit pas se résumer à une bataille de chefs. C’est dangereux pour le PS et pour la présidentielle de
2012 de pré-désigner notre candidat(e). Là aussi, la route est longue. Je rejoins la position de Julien Dray. Mais des voix s’élèvent au PS pour qu’on évite le tête à tête Delanoë-Royal. J’ai
soutenu Ségolène Royal. Elle a toutes les capacités pour être candidate comme Delanoë mais il serait dommage que l’une ou l’autre soit 1er secrétaire car le PS risque de devenir atone.
Alors qu’il faut un PS courageux, qui prenne des positions d’ici 2012, qui redevienne populaire, il faudrait un 1er secrétaire non-présidentiable.
P.H. : Votre victoire et celle de Philippe Sarre à Colombes vont-elles modifier la donne à la tête de la fédé ? L
SP: Les choses vont forcément bouger avec les victoires. Mais mon objectif est que le PS-92 soit uni, que les sections travaillent les unes avec les autres, en intercommunalité. J’ai confiance en
Pascal Buchet pour continuer le travail de rénovation de la fédération mais à un rythme peut être plus soutenu…