Ci dessous les principaux extraits de mon intervention au Conseil Municipal du 18 décembre concernant le
débat des Orientations Budgétaires pour l'année 2009.
(...)Ce budget dont Christine Cam, adjointe aux finances vient de vous présenter les orientations
générales sera donc notre premier vrai budget.
Mais je tiens néanmoins à exprimer une réserve.
Et elle est de taille.
Ces orientations budgétaires s’inscrivent dans un cadre de contraintes fortes qui altèrent grandement nos
marges de manœuvres et, qui, par nécessité, affectent les décisions que nous seront amenées à prendre au moment du vote du budget.
Ces contraintes, quelles sont elles ?
Ce sont d’abord des contraintes internationales
qui ont malheureusement des effets locaux. (...)
La crise internationale, crise financière qui s’est aujourd’hui transformée en crise économique et
sociale, a des conséquences à la fois sur les habitants d’Asnières, victimes potentielles comme beaucoup de Français du ralentissement économique et de la remontée du chômage, et des conséquences
sur notre collectivité en terme de recettes (je pense là aux droits de mutation par exemple dont le montant est étroitement lié au marché immobilier).
Mais cette crise a également des conséquences sur nos dépenses, car il est de notre responsabilité, dans
le cadre des compétences légales des villes, de venir en aide aux habitants de notre commune, victimes de cette crise.
Nous avons là un devoir de solidarité et nous l’assumerons dans notre budget.
La raréfaction du crédit et son renchérissement auront aussi bien sûr des conséquences, notamment au
regard de la politique irresponsable qui a été menée par l’équipe municipale précédente qui a non seulement endetté la ville au-delà de l’entendement (j’y reviendrai), mais qui a pris le risque
insensé de recourir à des emprunts toxiques, c’est-à-dire à ces emprunts dont les taux ne sont pas fixes et qui varient en fonction d’indices plus ou moins fantaisistes.
Une équipe précédente qui a, à la fois mal géré, mais qui a aussi choisi de jouer au casino
l’argent des Asniérois dans le fol espoir d’un gain hypothétique.
(...)
Des contraintes nationales ensuite. Là encore je serai bref. Ces contraintes résultent pour l’essentiel du désengagement dramatique de l’Etat avec la
diminution des dotations et le transfert de charges non intégralement compensées.
Je ne suis d’ailleurs pas le seul à m’émouvoir de cette situation.
L’assemblée générale de l’Association des maires de France à laquelle j’ai participé s’est d’ailleurs
largement exprimée à ce sujet. Il ne se passe pas d’ailleurs un jour sans qu’un maire, de droite
comme de gauche, s’émeuve de cette situation et de ce désengagement sans précédent de l’Etat.
Des contraintes locales enfin liées à la mauvaise gestion de l’équipe municipale qui nous a précédé.
Que dis-je mauvaise gestion ?
Je crois qu’il est plus juste de parler de la gestion dramatique et inconséquente, de gestion
irresponsable.
L’équipe municipale précédente a non seulement vidé les caisses de la ville pour le présent mais
elle les a aussi vidé avec constance et acharnement pour l’avenir en creusant cette dette folle qui va obliger nos enfants à rembourser encore et encore.
(...)
Dernièrement encore, après le rapport accablant de la Chambre régionale des comptes,
après l’audit indépendant que nous avons présenté lors de notre dernier conseil
municipal,je prenais récemment connaissance de deux documents que l’on ne peut soupçonner de
connivence avec la nouvelle équipe municipale.
Ces documents, l’un comme l’autre, soulignent la situation grave dans laquelle se trouve notre
ville, notamment au regard du niveau de sa dette.
Il s’agit du rapport présenté par la Trésorerie municipale d’Asnières qui souligne le niveau préoccupant
de notre dette et le rapport annuel, paru fin novembre, de l’association des directeur généraux des villes des Hauts-de-Seine qui classe Asnières comme la ville qui a la dette la plus élevé par
habitant du département avec 2 385€, après Levallois et Sceaux.
Ce rapport souligne également que notre ville ne se situe qu’au 18ème rang des villes du
département par son niveau de remboursement, ce qui signifie que si l’on continue de la sorte, notre ville ne risque pas de sortir du rouge dans laquelle l’équipe municipale précédente l’a
mise.
Le résultat de cette politique, cumulé avec le contexte international et national, nous prive des
marges de manœuvres budgétaires qui sont pourtant indispensables pour faire face à la crise et pour redynamiser notre ville.
Il n’est pas question que la nouvelle équipe municipale poursuive cette politique désastreuse menée par
l’équipe précédente.
Nous voulons restaurer la fierté de notre ville (...)
Il m’est insupportable, en tant que maire, que nous soyons pointés du doigt, dans tous les rapports et
analyses d’experts, comme les mauvais exemples en matière de gestion des finances locales (...)
Alors que faire justement ?
Oui, que faire pour redonner espoir aux Asniérois qui souffrent de cette image dégradée de leur
ville ?
Que faire pour nous redonner des marges de manœuvre budgétaires afin de tenir les engagements de campagne
que nous avons pris ?
Car oui, nous avons la volonté résolue de tenir nos engagements de campagne.
Nous voulons relancer l’investissement en matière de services publics à Asnières afin de créer les équipements dont les
habitants ont cruellement besoin.
C’est pour cela que nous allons mettre en oeuvre un vaste plan d’investissement sur la mandature
de 145 millions d’€, beaucoup plus élevé que dans la précédente mandature.
Avec ces crédits , nous construirons des écoles nouvelles, des crèches nouvelles, des équipements
sportifs nouveaux, des logements sociaux.
Il est de notre responsabilité de répondre aux besoins nouveaux des habitants alors que la population de
notre ville croit régulièrement.
Cette politique ambitieuse d’investissement sera aussi notre contribution à la relance économique.
(...)
Nous voulons des services publics performants pour les Asniérois, plus proches de leurs attentes et plus adaptés à
leurs ressources.
Nous voulons restaurer le dynamisme économique de notre ville afin de créer des richesses et la rendre plus
attractive pour ses habitants et pour les entreprises. Cela nous permettra notamment d’augmenter les bases fiscales, alors qu’aujourd’hui notre ville est parmi les moins dynamiques du département
en matière de recette de taxe professionnelle.
Nous voulons placer la jeunesse au cœur de notre projet depuis la petite enfance jusqu’à l’âge adulte, avec de nouveaux équipements mais aussi avec
une considération nouvelle pour les jeunes qui ont toute leur place dans notre ville et à qui nous voulons donner toutes les chances de réussite.
Nous voulons mettre le développement durable au cœur de notre action.
C’est pourquoi dans toutes les actions municipales cette question qui engage l’avenir de nos enfants sera
présente que ce soit sur les économies d’énergie, sur l’utilisation de matériaux durables mais aussi dans la conception et la réalisation des équipements nouveaux.
Nous mettrons en œuvre un plan de création de voiries permettant les circulations douces.
Nous voulons enfin une ville plus solidaire. Plus solidaire avec ceux qui ont des difficultés sociales, plus
solidaire avec nos anciens, plus solidaire avec ceux qui souffrent de la crise.
Notre prochain budget fera des propositions précises en ce domaine.
Pour réaliser tous ces projets, dans le cadre des contraintes que
j’ai évoqué, il nous faut bien sûr être créatif, mais au-delà, il nous faut prendre nos responsabilités.
Nous refusons comme je l’ai dit de poursuivre la voie qui a été menée par l’équipe municipale précédente
qui n’a pas trouvé mieux que d’endetter toujours plus la ville et qui a de surcroit –et c’est un comble- augmenté les impôts de 17% au cours du précédent mandat ainsi que de plus de 30% la taxe
d’ordure ménagère, le tout sans investir de manière suffisante au point de faire perdre à notre ville son dynamisme.
Nous refusons cette voie que Monsieur Aeschlimann et son équipe ont suivi qui est la voie du renoncement
pour les générations actuelles et de l’irresponsabilité pour les générations futures.
Alors quelle autre solution ?
Nous avons la volonté de desserrer l’étau budgétaire dans lequel l’équipe municipale précédente a mis
notre ville afin de dégager de nouvelles marges de manœuvres pour stopper le déclin d’Asnières et redonner de l’espoir aux asniérois.
Pour cela nous poursuivrons la politique engagée en 2008 de maîtrise rigoureuse des dépenses de
fonctionnement.
Nous poursuivrons la chasse aux dépenses inutiles et somptuaires et la maîtrise des dépenses de
personnel.
Nous ferons en sorte que chaque euro dépensé soit un euro utile pour les
Asniérois.
Nous mènerons une politique résolue afin de stopper l’endettement de notre ville et nous renégocierons
avec les banques les prêts toxiques afin de ne pas continuer à faire prendre des risques inconsidérés aux finances de la ville.
Les excédents budgétaires seront affectés prioritairement au désendettement.
Nous poursuivrons une politique dynamique pour trouver des recettes nouvelles avec la recherche de
subventions et de recettes nouvelles de taxe professionnelle.
Nous procèderons à une hausse maîtrisée de la fiscalité dont le produit servira exclusivement au
financement des équipements nouveaux et donc à la création de services et de richesses nouvelles pour les Asniérois.
Arrêtons-nous un instant sur ce point de la fiscalité car je sais que c’est celui sur lequel l’opposition
municipale, pour masquer son incurie gestionnaire et refuser d’assumer son calamiteux bilan, va tenter de faire son miel, va jouer les vierges effarouchée alors même qu’elle a, elle aussi,
augmenté les impôts.
Elle l’a fait tout en faisant preuve de la plus grande des irresponsabilités avec cette dette
insupportable.
Le tout, je le répète, avec un niveau d’investissement très faible comme l’a d’ailleurs souligné dans son
rapport la chambre régionale des comptes.
Nous n’avons aucune leçon à recevoir de ceux dont la mauvaise gestion est partout citée en
contre-exemple.
Je n’ai en matière de fiscalité aucun présupposé idéologique.
Je suis en ce domaine comme dans bien d’autres très pragmatique.
Je considère que la situation difficile dans laquelle nous nous trouvons du point de vue des finances de
la ville, du point du vue du contexte national et international, ne nous laisse pas d’autre choix si nous voulons stopper le déclin d’Asnières.
Je note d’ailleurs que beaucoup de collectivités locales vont être contraintes à prendre la même décision
en raison du contexte national et international qui pèse sur elles, alors même que ces collectivités n’ont pas l’héritage financier calamiteux à assumer, comme celui que vous nous avez
laissé.
Cet appel à la contribution des asniérois, je le complète par un engagement de bonne gestion et de
transparence.
Ainsi, les impôts seront affectés uniquement pour la création d’équipements nouveaux pour répondre au
besoin réel de la population.
Cette hausse de la fiscalité est malheureusement nécessaire. Elle ne me réjouit pas mais elle est
indispensable si on ne veut pas que la ville d’Asnières soit sous tutelle préfectorale ou bien encore une ville morte dans 5 ou 10 ans.
Ce choix nous l’assumons politiquement car nous pensons que notre ville mérite mieux que la situation dans
laquelle elle a été plongée pendant toutes ces années.
Avec ce budget réaliste et ambitieux, nous redonnerons à Asnières la fierté qu’elle n’aurait jamais dû
perdre.