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La vente de logements locatifs d'Icade suscite des frictions au sein du monde HLM
LE MONDE | 22.06.09 | 14h17 • Mis à jour le 22.06.09 | 14h17
Annoncée le 11 décembre 2008, la vente en bloc des 32 000 logements locatifs d'Icade provoque quelques frictions au sein du monde HLM. Peu après le lancement de
l'opération par cette société foncière cotée, filiale de la Caisse des dépôts, un consortium de 25 bailleurs sociaux, emmené par la Société nationale immobilière (SNI), avait été constitué pour
déposer une offre "globale et coordonnée". Une telle démarche visait à éviter la surenchère sur les prix entre les organismes intéressés par le rachat de ces habitations situées en Ile-de-France
et louées à des niveaux intermédiaires (de 6 à 10 euros du mètre carré, en général).
Mais le scénario n'a pas tout à fait fonctionné comme prévu. Deux sociétés anonymes d'HLM, Logement français et la Société anonyme immobilière du Moulin vert
(SAIMV), qui ne sont pas membres du groupement piloté par la SNI, ont formulé leurs propres propositions. Elles seraient en lice pour le rachat de résidences dans sept communes, d'après un
responsable du monde HLM.
A Asnières (Hauts-de-Seine), où environ 600 logements sont mis en vente, "rien n'a encore été signé", explique le maire (PS), Sébastien Pietrasanta. Mais
les discussions sont bien engagées avec la SAIMV : "Nous avons pris connaissance de ses comptes : elle a un bas de laine conséquent et peut réaliser des travaux sur les immeubles concernés, qui
sont très dégradés", poursuit M. Pietrasanta.
La SAIMV s'intéresse également au patrimoine d'Icade situé à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne) : l'adjoint à l'habitat, Michel Leprêtre, dit avoir rencontré l'un de
ses responsables, il y a quelque temps. A Draveil (Essonne), l'une des filiales du groupe Logement français convoite les quelque 750 appartements que Icade détient dans cette commune, rapporte le
maire (UMP), Georges Tron.
Les contacts entre les deux SA et Icade n'ont rien de répréhensible puisque cette dernière n'a donné l'exclusivité à personne, observe une source proche du dossier.
Mais des responsables d'autres organismes regrettent que leurs pairs se comportent comme des concurrents et fassent des offres de prix qui seraient supérieures de 20 % à 25 % à celles du
consortium. Le président du directoire de Logement français, Pierre Carli, ne confirme pas cette estimation, car il dit ne rien savoir des différentes propositions remises par la SNI.
Chez Icade, une porte-parole explique qu'il aurait été contraire "au bon sens" d'abandonner ou de refuser toute discussion avec des bailleurs extérieurs au
consortium. "Nos actionnaires ne l'auraient pas admis, plaide-t-elle. Mais plus nous serons prêts de conclure avec le groupement conduit par la SNI, plus nous serons enclins à suspendre les
négociations avec d'autres organismes."
Bertrand Bissuel