Jeudi 15 novembre 2007 4 15 /11 /Nov /2007 10:01

Bernard Loth, hier. Le directeur général des services sortait d'une garde à vue de 36 heures.

LUNDI, à 6 h 50 précises, la police judiciaire a sonné au domicile val-de-marnais de cet administrateur territorial. Elle agissait dans le cadre d'une enquête préliminaire consacrée au contrat d'affermage passé entre la municipalité et la société Avenance Enseignement (filiale du groupe Elior) en matière de restauration scolaire. Une procédure de consultation avec nouveau cahier des charges a été lancée en début d'année.
Deux autres prestataires, Sodexho et Sogeres, y avaient également répondu. La commission d'appel d'offres a proposé de retenir Avenance, ce qui a été approuvé en conseil municipal fin mars pour une durée de sept ans. Le marché porte sur 4,159 millions d'euros par an et représente 850 000 repas annuels.

« C'est une épreuve »

Les enquêteurs chercheraient notamment à savoir s'il y a eu délit de favoritisme au cours de l'attribution de ce nouveau contrat. Ce spécialiste de la restauration scolaire était le concessionnaire sortant qui avait été sélectionné en 1992 pour la réalisation de la cuisine centrale et son exploitation. « On m'a interrogé sur la nature de mes relations avec les dirigeants d'Avenance et on m'a demandé s'il y avait eu des actes en leur faveur », rapporte le directeur des services. Son agenda professionnel a été saisi au cours de la perquisition de son bureau à l'hôtel de ville lundi après-midi. Bernard Loth ne niait d'ailleurs pas qu'il lui était arrivé « de déjeuner avec les dirigeants ». « Je n'ai rien à cacher. Je persiste à penser que tout est clair et limpide sur ce contrat-là », ajoute-t-il. Les policiers sont repartis avec l'ensemble des documents relatifs au dossier, incluant aussi les délibérations en conseil municipal. Les enquêteurs ont également consulté l'ordinateur de Bernard Loth en mairie, celui installé à son domicile ainsi que son téléphone portable. Les PC et le mobile lui ont été cependant laissés.

« Ce sont des aléas de la vie qui ne sont pas très agréables. C'est une épreuve forte », commente Bernard Loth, qui est ressorti mardi soir de la garde à vue. A la municipalité d'Asnières, on ne manquait pas d'affirmer que l'enquête avait débuté à la suite « d'une dénonciation anonyme », et de rappeler avoir subi « de nombreuses délations de ce type dont plusieurs ont été d'ores et déjà classées sans suite ».

Claire Guedon et Marisa Faion

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