Monsieur le Maire, Chers collègues,
A l’occasion de ce dernier conseil municipal de la mandature, je souhaite d’abord et avant tout rendre hommage à l’ensemble des élus qui ont composé le groupe Asnières pour Tous.
Je tiens en premier lieu à saluer Dolorès Navarro, conseillère municipale jusqu’en 2004, qui continue à se battre avec courage et détermination contre la maladie, comme elle l’a toujours fait, ce qui l’a contraint à démissionner. Avec mes amis socialistes, nous avons une pensée émue pour Dolorès.
Je souhaite rendre hommage aussi à Christiane Carrier, qui elle aussi, a du abandonner son mandat pour cause de maladie et qui aujourd’hui est en pleine forme.
Nos pensées vont aussi en direction de Serge Vidal et François Noisette, conseillers municipaux. Chacun, à sa manière, a apporté sa contribution au débat des conseils municipaux. Personne, ici, ne peut contester l’apport technique et politique de François Noisette. Il a été le premier, et pour ne prendre que deux exemples, à expliquer la dangerosité du montage en baux emphytéotiques de deux écoles. C’est lui, aussi, le premier à avoir pointé votre totale incompétence sur le montage du parking du centre ville. Incompétence qui a fait perdre 850 000 euros à la ville.
Je le dis aussi sans hypocrisie, je salue aussi Serge Danlos qui a accompagné notre groupe pendant quelques années. Il a aussi su être un élément important au sein de ce conseil municipal notamment sur l'aspect financier. Nous avons eu des divergences, plutôt des incompréhensions notamment sur son amitié avec N.Sarkozy. Il en va de toute relation humaine.
Enfin, je tiens à saluer particulièrement Dominique Riéra, président du groupe Asnières pour tous jusqu’en 2004. Il a su faire confiance à cette nouvelle génération que nous sommes. Sa droiture et son courage politique doivent être ici salués.
Permettez moi aussi pour terminer ces remerciements de saluer mes collègues actuels Luc Bérard de Balavas, Laurence Lenoir, Julien Richard, Philippe Babé et Françoise Claireaux.
Comme vous avez pu le constater dans cette assemblée, une seule chose les anime : améliorer le quotidien des Asniéroises et des Asniérois au-delà des intérêts partisans.
Nous avons été une opposition constructive. Nous avons soutenu l’en positifs pour notre commune et nous nous sommes opposés à vos projets néfastes ou mal préparés.
Mes sentiments ce soir, à l’occasion de ce dernier conseil municipal de la mandature, je vous l’avoue, se mélangent.
Il y a de la nostalgie, de la déception, certainement un peu de colère mais surtout un sentiment qui m’habite : vouloir changer les choses à Asnières.
De la nostalgie, lorsque les débats politiques dans cette assemblée étaient respectueux, lorsque les conseils municipaux se réunissaient régulièrement, lorsque des commissions thématiques travaillaient les dossiers de fond, lorsqu’il y avait de la transparence dans la prise de décision. Tout ceci, c’était avant que vous ne soyez Maire.
Durant votre mandat, vous n’avez eu de cesse de mépriser cette assemblée en ne la réunissant que 4 fois par an.
Vous avez stoppé le travail des commissions thématiques qui ne se sont pas réunies une seule fois en 7 ans.
Vous avez fait en sorte que nos débats tournent parfois en pugilat en pratiquant l’invective et la provocation comme votre sport favori.
Depuis que je suis devenu Conseiller Régional en 2004, j’ai vu la différence entre une assemblée démocratique et respectueuse de ses élus quelques soient leurs bords politiques et une assemblée qui bafoue les droits les plus élémentaires de l’opposition :
- micros coupés pendant nos interventions,
- plaintes à outrance contre des élus de la République,
- et même intervention de la police au sein de cette assemblée,
- tribunes censurées
Il n’y a plus de confiance avec votre majorité et le climat démocratique a disparu avec votre arrivée.
De même, comment voulez-vous que les Asniérois qui vous avaient fait confiance en 2001 continuent à croire en vous ?
Il n’y a qu’à prendre l’exemple du dernier mois écoulé :
- perquisition en mairie;
- garde à vue de 36 heures de votre bras droit, le directeur général des services,
- condamnation à 12 000 euros de votre 1er maire adjoint
- et votre refus de convoquer un conseil municipal extraordinaire pour rendre public le rapport de la Chambre Régionale des Comptes.
Il y a de quoi affoler les Asniérois.
Comme vous le savez, je ne place pas le débat sur le terrain judiciaire.
Avec les élus socialistes, nous nous sommes toujours efforcés de ne pas judiciariser le débat politique.
Je m’attarderai donc uniquement sur l’affaire du rapport de la Chambre Régionale des comptes.
Ce rapport porte sur votre gestion de 1999 à 2006. Avec des élus et des personnalités politiques de tout bord allant du Parti Communiste à la majorité présidentielle, et 1 000 citoyens asniérois, nous avons réclamé un peu de transparence et la publication de ce rapport pour que les Asniéroises et les Asniérois puissent se décider en mars 2008 en toute connaissance de cause.
Vous avez refusé. Nous sommes persuadés que si le rapport avait été bon pour vous, vous n’auriez pas hésité à convoquer un conseil municipal avant le 1er décembre. Vous auriez été fiers de prouver aux Asniérois votre bonne gestion.
Vous avez refusé donc…c’est que forcément ce rapport vous gène particulièrement. Au regard de ce qui a fuité dans la presse, on comprend votre refus et votre silence. Je ne commenterai pas le contenu de ce rapport sinon vous allez m’accuser de recel. C’est comme ça que vous faites vivre le débat démocratique dans notre ville.
Permettez-moi donc de faire mon propre rapport, mon propre bilan de votre gestion municipale.
- Depuis des années, dans cette assemblée, j’ai dénoncé l’explosion de la dette. Chaque année, vous l’avez augmenté non pas pour financer des investissements utiles aux Asniérois mais surtout pour financer des dépenses de fonctionnement superflues. Aujourd’hui, vous avez doublé la dette pour atteindre le niveau record de 200 Millions d’euros ! Je le dis encore une fois, vous pénalisez de manière grave les futures générations asniéroises.
- Sur la question de la fiscalité, malgré tous vos beaux tableaux, malgré le fait que vous fassiez présenter votre budget par un élu qui n’habite même pas la ville, vous n’arrivez plus à berner les Asniérois. Même le Figaro vous a épinglé la semaine dernière. Et il y a de quoi : voici les vrais chiffres que vous cachez à la population : + 18% de taxe d’habitation ; + 18% de taxe foncière ; + 18% de taxe professionnelle et + 32% de taxe d’ordures ménagères.
- Avec une dette accrue et une augmentation forte des impôts, on aurait pu penser que cela allait profiter aux Asniérois. Et bien, non ou très peu. Vous avez préféré augmenter certaines dépenses de fonctionnement plutôt que de construire des équipements nouveaux:
- 600 000 euros de frais de communication et un nombre record de bulletins municipaux à votre gloire
- une augmentation de 90,5% des frais d’honoraires et de contentieux soit près d’un million d’euros comme le souligne le MODEM dans son dernier tract
- une augmentation de 64% des frais de télécommunication soit plus de 1,1 million d’euros
- Des frais de bouche qui ont augmenté. 33% en un an !
- Et je ne parlerai pas ici de l’utilisation de véhicules, d’essence ou de chauffeurs en dehors de tout cadre légal.
Vos choix budgétaires ne sont décidemment pas les nôtres.
Mais ce qui nous pèse surtout, c’est votre amateurisme qui fait perdre de l’argent aux contribuables : 850 000 euros de perdus dans le parking du centre ville qui n’a toujours pas vu le jour, des constructions d’école par bail emphytéotique qui amènent à quasiment doubler le prix de revient de ces constructions.
A la veille de votre fin de mandat, je ne peux qu’être sévère sur la manière dont s’est déroulée la vie politique à Asnières, sur la manière dont vous avez géré cette ville.
Pour conclure, je ne vous ferai pas la cruauté de rappeler ici les promesses sur lesquelles vous avez été élu : création de 7 parkings, plantation de 7 km d’arbres, ….
A ce dernier conseil, permettez-moi de résumer votre bilan par une seule expression :
« Une mauvaise gestion dans une totale opacité ».