Lundi 7 janvier 2008 1 07 /01 /Jan /2008 22:32

Deux tribunes politiques retirées du magazine municipal

LES QUELQUES lignes d'explications sont sans appel et remplacent deux des contributions d'opposants municipaux prévues dans le numéro de janvier du magazine d'information de la ville d'Asnières. « La loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse a la particularité de rendre le directeur de la publication pénalement responsable de tous les articles publiés dans Asnières Infos , y compris ceux écrits par l'opposition », est-il indiqué. « Pour éviter cela, le directeur de la publication (NDLR : le premier adjoint au maire, Charles Caillet) a décidé ce mois-ci de ne pas publier la tribune du groupe Rassemblement populaire et français pour Asnières ainsi que celle de M. Casari. » Hubert Massol (MNR) et Bruno Casari (sans étiquette) avaient chacun envoyé un texte dans lequel ils évoquaient le rapport de la chambre régionale des comptes sur la gestion de la ville entre 1999 et 2006. Un document que la municipalité n'a pas voulu rendre public avant le début de la campagne électorale (fixé au 1 e r décembre).

« C'est le fait du prince » Elle se retranche aujourd'hui derrière le cadre juridique qui rend selon elle impossible la diffusion de ces éléments dans son bulletin. « Notre position est claire, explique-t-on dans l'entourage du maire UMP, Manuel Aeschlimann. On ne diffuse rien sur le rapport de la chambre régionale des comptes, car on s'inscrit dans le respect absolu des textes de loi. » Un argument qui, en l'occurrence, arrange bien les affaires de la majorité puisque le rapport en question met en cause sa propre gestion. « C'est le fait du prince, une violation du droit des élus et une entrave au droit d'expression », dénonce Henri Massol, le fils d'Hubert Massol. Cet opposant indique avoir déjà saisi le tribunal administratif pour neuf autres affaires similaires de suppression de ses textes ! « Ce procédé est illégal puisqu'il ne dit pas en quoi la publication de ces tribunes est rendue impossible au regard de la loi », assure-t-il. C'est la loi de février 2002, sur la démocratie de proximité, qui a reconnu aux élus d'opposition un droit d'expression dans le bulletin d'information de leur commune. Et c'est au conseil municipal de définir dans le règlement intérieur les modalités de l'exercice de ce droit.

CLAIRE GUÉDON

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