Mardi 15 janvier 2008 2 15 /01 /Jan /2008 16:52

Un poste sur deux menacé chez Citroën

La direction de PSA devrait annoncer ce matin la suppression de 60 postes dans son usine. Les syndicats craignent, à terme, une fermeture du site.

IL Y A HUIT ans, ils étaient plus de 500. Aujourd'hui, l'usine Citroën d'Asnières-sur-Seine ne compte plus que 102 salariés, dont la moyenne d'âge est de 50 ans. Plus pour longtemps.

Ce matin, il y a toutes les chances pour que soit confirmée la suppression d'une soixantaine de postes sur ce site, au cours de la réunion extraordinaire du comité central d'entreprise (CCE) du groupe PSA. Le constructeur automobile profitera de cette rencontre formelle et déterminante pour détailler son plan global de réduction du personnel sur toute la France.

« Envisager 60 suppressions revient à annoncer la mort d'
Asnières. C'est l'une des dernières installations historiques de PSA, s'alarme Jean-Pierre Mercier, délégué syndical CGT. On va tout faire pour s'opposer à une fermeture même si l'on sait que la lutte sera très difficile. » L'usine est spécialisée dans les véhicules hydropneumatiques, concept en son temps novateur qui a fait la réputation internationale de Citroën, notamment à travers la célèbre DS. « Asnières est le berceau de cette technologie et a été pendant plusieurs décennies un cas unique dans l'industrie mondiale de très haute précision. Ses salariés ont la compétence et le savoir-faire qu'il faut maintenir et même développer », souligne Alain Villeléger. Ce représentant CGT travaille sur ce site des Hauts-de-Seine depuis trente-cinq ans.

Mais le constructeur automobile semble vouloir abandonner cette technologie. Actuellement, les C5 et C6 sont équipées de ces suspensions hydropneumatiques, suspensions dont une partie est encore fabriquée à
Asnières. L'usine est d'ailleurs probablement l'une des plus petites unités de PSA, sinon la plus petite.

« Un terrain qui vaut de l'or »

Contactée hier, la direction du groupe n'a pas souhaité faire de commentaire, se retranchant derrière la tenue ce matin du comité central d'entreprise. « On ne peut pas dévoiler avant la réunion le détail du plan de réduction d'effectifs qui concerne un millier d'ouvriers spécialisés, se contente-t-on de préciser. La mesure qui a débuté l'an passé est basée sur le volontariat, avec des aides financières à la clé. Personne n'est allé à l'ANPE. » En dehors d'
Asnières, quatre autres sites sont concernés : Aulnay, Mulhouse, Rennes et Metz.

La CGT redoute que ces 60 suppressions de postes soient une façon pour PSA de se séparer des installations d'
Asnières, qui feraient environ 7 ha : « Une vente représenterait une opération immobilière fantastique sur la Seine. C'est un terrain qui vaut de l'or », n'hésite pas à résumer Jean-Pierre Mercier. Le quartier, ancien secteur industriel, est en effet en pleine restructuration, avec les travaux engagés dans la ZAC dite des Bords-de-Seine, mélangeant logements, bureaux, commerces et espaces verts.

 

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