Partager l'article ! Article du Parisien : François Hollande se lance à Asnières: Hier matin au pont de Clichy, au niveau d’Asnières ...
Hier matin au pont de Clichy, au niveau d’Asnières, observateurs et journalistes s’escrimaient à débusquer dans le moindre des gestes de François Hollande — auréolé de son tout frais succès aux primaires et désormais candidat officiel des socialistes à la magistrature suprême — une stature présidentielle. Comme François Mitterrand, rose à la main sur le chemin du Panthéon,François Hollande tenait une rose lorsqu’il a pris la direction du pont de Clichy, rose qu’il a jetée à l’eau, comme l’ont fait les maires d’Asnières et de Clichy qui l’accompagnaient. Un hommage aux victimes du 17 octobre 1961, cette manifestation organisée à Paris, en pleine guerre d’Algérie, par la Fédération de France du FLN, violemment dispersée par la police. « Nous savons aujourd’hui que ce soir-là plusieurs dizaines de personnes sont mortes dans des conditions tragiques, souligne l’élu de Corrèze. Cet événement concerne de nombreuses familles qui ont vécu ce drame et les jeunes générations qui veulent savoir ce qui s’est passé.
La non-reconnaissance du massacre crée un malaise en banlieue. Il nous faut rassembler. » Difficile de ne pas faire le rapprochement avec la famille socialiste, bousculée par les primaires. Pascal Buchet, le premier fédéral du PS dans les Hauts-de-Seine, saute sur l’occasion : « J’ai soutenu Martine Aubry et je suis ravi d’accueillir François Hollande. Ceux qui pensent que c’est une bonne conduite de façade se trompent complètement… »
Cette première sortie entre Asnières et Clichy représente presque un retour aux sources pour le candidat à la présidence. En avril dernier déjà, François Hollande lançait sa campagne pour les primaires au Théâtre Rutebeuf de Clichy, là où un certain François Mitterrand avait tenu meeting juste avant sa victoire de 1981. Quant au choix d’Asnières hier matin… « C’est une ville symbolique où un jeune élu socialiste (NDLR : Sébastien Pietrasanta, le maire d’Asnières) a su rassembler large pour favoriser l’alternance… »
Hier matin, le président du conseil général de la Corrèze prenait pourtant soin d’insister : « Je suis le candidat socialiste, mais je ne suis pas en campagne. Ce rendez-vous du 17 était fixé depuis longtemps. Et il se trouve que le 17, c’est le lendemain du 16… Ne cherchez pas de symboles, il y en aura… d’autres jours. » Mais chassez la présidentielle, elle revient au galop! Et François Hollande de lâcher : « Je veux remercier les 3 millions de Français qui se sont déplacés (NDLR : dans le 92, il a obtenu 55,9% des suffrages). Je vais maintenant me tourner vers les électeurs. Pas pour désigner un candidat, mais pour choisir un président. » L’historien Benjamin Stora, « grand éclaireur des chemins de l’histoire algérienne », dixit le secrétaire d’Etat algérien chargé de la communauté algérienne à l’étranger, se félicitait de son côté : « Lorsqu’il m’a dit qu’il viendrait il y a quelques mois, nous ne savions pas quelle serait sa position sur l’échiquier politique. Malgré la fatigue, malgré la campagne des primaires, François
est là! »
Le Parisien
Matthieu Pelloli | Publié le 18.10.2011