Mercredi 1 septembre 2010 3 01 /09 /Sep /2010 21:00

Je serai le 7 septembre dans la rue à l’occasion des manifestations prévues contre le projet de réforme des retraites proposé par le gouvernement.

Ce projet est en effet dangereux. Non seulement il ne règle en rien la problématique – réelle et à laquelle il faut apporter des réponses – du financement de notre régime de retraite par répartition, mais en outre ce projet est injuste car il fait reposer l’effort de financement principalement sur les salariés.

En faisant porter le financement des retraites quasi exclusivement par le recul de l’âge légal de départ en retraite, le gouvernement fait là un choix aussi injuste qu’inefficace. Cette décision va non seulement précariser davantage les salariés (et particulièrement ceux qui sont entrés très tôt dans la vie active), mais elle ne réglera au mieux qu’un tiers du problème de financement (même en passant l’âge légal de 60 à 63 ans et en allongeant la durée de cotisation à 43,5 ans, on ne règlerait que 36% du problème de financement à l’horizon 2050 !)

En effet, il faut pour assurer l’équilibre du système, mobiliser 45 milliards d’euros à l’horizon de 2025 (projections du COR).

Les socialistes proposent un plan complet et juste qui permet d’atteindre l’équilibre. Ils proposent notamment de mettre davantage à contribution les revenus du capital pour financer le régime de retraite. Ainsi, l’augmentation des prélèvements sociaux sur les bonus et les stock-options, le relèvement du forfait appliqué à l’intéressement et à la participation, l’application de la CSG sur les revenus du capital actuellement exonérés, l’augmentation de la taxation de la valeur ajoutée permettraient de financer les régimes pour un montant de 19 milliards dès 2010 et 25 milliards en 2025.

A cela, les socialistes proposent d’ajouter une augmentation modérée et étalée dans le temps des cotisations patronales et salariales (+0,1 point de cotisation salariale et employeur chaque année de 2012 à 2021), ce qui permettrait de dégager 12 milliard d’euros de financement complémentaire en 2025.

Mais pour une réforme complète, il faut en outre s’attaquer à une question centrale que néglige le gouvernement : celle du chômage des séniors. L’amélioration de l’emploi des seniors est en effet une des clefs de la réforme durable de notre système de retraites. Le taux d’emploi des 55/64 ans est en moyenne de 60% au sein de l’Union européenne. Il est de 38,2% seulement en France ! C’est là un chantier majeur auquel il est urgent de s’atteler.

L’ensemble de ces mesures, ainsi que l’abondement du Fonds de réserve pour les retraites avec une majoration de 15% de l’impôt sur les sociétés et les banques, permettront d’assurer jusqu’en 2025 l’équilibre du système.

C’est là un projet de réforme juste et équitable.

Je voudrais terminer en rappelant que derrière cette question qui peut paraître technique du financement de notre régime de retraite par répartition se cache un véritable enjeu de civilisation. Cet enjeu c’est celui de la place que nous voulons donner dans notre société à nos anciens qui, grâce aux progrès techniques et de la médecine, sont plus nombreux et vivent plus longtemps en meilleure santé.

Comme Maire, je mesure chaque jour le rôle essentiel des séniors  dans notre vie de tous les jours. Leur dynamisme, leur joie de vivre, leur expérience, leur disponibilité et leur engagement dans notre vie sociale et associative sont des atouts considérables pour notre collectivité.


Les politiques doivent prendre la mesure de cet apport considérable et y consacrer les moyens nécessaires. Il faut pour cela non seulement assurer sur le long terme des niveaux de retraite décents mais aussi créer les conditions pour que nos anciens puissent se loger, être soignés et être pris en charge lorsque que cela devient nécessaire.

Notre société doit s’adapter à cette réalité nouvelle de l’allongement de la durée de la vie, à ce progrès nouveau qui permet aujourd’hui à plusieurs générations de se côtoyer et de vivre ensemble.

C’est aussi pour ces raisons que je serai dans la rue le 7 septembre.

Avec des millions de français je ferai part de mon opposition au projet injuste et mal ficelé du gouvernement sur les retraites.

Je dirai mon attachement au maintien à 60 ans de l’âge légal pour le départ en retraite car c’est une mesure de justice pour ceux qui ont commencé à travailler tôt et une garantie pour les salariés qui ont accompli des tâches pénibles et difficiles.

Mais je serai là aussi pour témoigner de ma gratitude à l’égard de nos anciens et de mon attachement à une société qui place en son cœur la solidarité nécessaire entre les générations.

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