Partager l'article ! Discours de commémoration du 11 novembre: Nous sommes réunis aujourd’hui pour commémorer la signature de l’armistice de la 1ère Guerre Mo ...
Nous sommes réunis aujourd’hui pour commémorer la signature de l’armistice de la 1ère Guerre Mondiale, celle que l’on a sans doute trop hâtivement qualifiée de «
der des der », souvent par excès d’optimisme ou tout simplement, pour tenter de conjurer le mauvais sort.
Celle qui aurait pu être évitée si les nombreux appels à la raison et au sang-froid lancés par Jaurès, si la sagesse et la clairvoyance des pacifistes et de ceux qu’on appellera injustement « les
mutins », avaient été entendus et partagés.
Bien plus tard, même le Marechal LYAUTEY le reconnaîtra lorsqu’il sortira sa fameuse phrase :
« ils sont complètement fous. Une guerre entre européens c’est une guerre civile, la plus monumentale ânerie que le monde ait jamais faite ».
Si, en France, il ne reste plus de survivants du front, depuis la disparition du dernier poilu, M. Lazare Ponticelli, la mémoire qui a été transmise au fil des ans reste intacte.
Tous ceux qui vécurent cette période et qui revinrent des combats, à jamais marqués, à jamais changé, pour certains à jamais brisés, exprimèrent le souhait de raconter et de témoigner.
Nombre d’auteurs témoignèrent de l’horreur de la vie des Poilus dans les tranchées affrontant le froid, la boue et le tonnerre de feu qui s’abattait jour après jour.
Il n’y a pas de mots assez forts pour décrire l’horreur du champ de bataille, l’interminable attente des Poilus dans les tranchées, avec la peur au ventre avant de
se lancer dans un énième assaut des lignes ennemies.
A l’heure où certains s’interrogent sur le sens de l’idéalité nationale, je veux avoir ici une pensée pour les 600.000 soldats des colonies qui abondèrent les forces métropolitaines et payèrent
très douloureusement leur engagement dans ce combat.
Pendant trop longtemps, la France a nié le rôle essentiel joué par ces soldats. Comme s’il existait des catégories de soldats alors que, face à l’ennemi, seule la couleur de l’uniforme importait…
En ce 11 novembre, à travers le pays tout entier, dans chaque ville et village de France, la Communauté Nationale se rassemble et se recueille pour rendre hommage à ces soldats de 14/18, tombés
pour la patrie ; dont les noms sont gravés sur nos monuments aux Morts, à ses blessés, à ses mutilés de la Grande Guerre.
Si le souvenir de ce terrible conflit, achevé depuis plus d’un siècle, demeure aujourd’hui toujours aussi vivace, c’est sans doute parce qu’il n’épargna aucune famille française.
On a malheureusement redécouvert à cette époque, à quel point la Première Guerre Mondiale a été le creuset de toute l’histoire du 20ème Siècle.
Parce que la paix ne dépend finalement que de nous, il faut enseigner aux jeunes générations
- qu’elle recule quand se renforce la haine de l’autre,
- qu’elle s’affaiblit d’une compétition absurde entre les peuples
- et qu’elle disparaît lorsque la soif de vivre ensemble et de construire un monde de fraternité et de progrès s’amenuise.
Qui aurait pu, un seul instant, imaginer au lendemain du 11 novembre 1918 ou à la fin de la Seconde guerre mondiale, que l’Allemagne et la France seraient
aujourd’hui des pays amis, que leurs peuples seraient frères ?
Qui aurait pu croire qu’un jour, le 22 septembre 1984, à l’occasion d’une visite à Verdun, François Mitterrand et Helmut Kohl se tiendraient, main dans la main,
symbolisant ainsi la réconciliation franco-allemande, que 20 ans plus tard, le Président Jacques Chirac, parlerait au nom des deux pays devant les instances de l’Union Européenne ?
En cette journée du 11 novembre 2009, il n’est pas trop tard pour continuer à faire de ce siècle, un siècle de progrès pour l’enfant qui s’éveille, un siècle de fraternité entre les peuples.