Partager l'article ! Identité nationale à Asnières: Le débat sur l'identité nationale continue à stigmatiser une partie de la population. J'ai été un des sign ...
Le débat sur l'identité nationale continue à stigmatiser une partie de la population. J'ai été un des signataires de l'appel qui a été lancé pour demander au Président de la République de mettre fin à ce débat.
Il faut le rappeler: le racisme n'est pas la liberté d'expression mais un délit puni par la loi. Dans mes voeux à la population, je rappelle justement que je défends notre identité communale,
celle qui rassemble et qui mélange, celle qui défend les valeurs de la République: la liberté, l'égalité et la fraternité.
Le député de notre circonscription, porte-parole des idées du gouvernement, même les pires, a souhaité organiser ce débat à l'Hôtel de Ville. C'est son droit. La circulaire ministérielle autorise
les Préféts et les parlementaires à organiser les débats sur l'identité nationale.
Ce débat a sans aucun doute une visée électoraliste pour flatter un électorat d'extrême-droite. Le député qui a plongé au fin fond d'un trou n'arrive pas à remonter à la surface et cherche donc à
s'agiter.
Certains s'offusquent de l'organisation d'un tel débat à l'hôtel de ville. J'ai été de ceux qui pendant de nombreuses années ont combattu le système Aeschlimann. Refuser d'accorder des salles
reviendrait à reproduire les mêmes travers attentatoires à la démocratie.
C'est assez surprenant d'entendre ce genre de reproches de la part de celles et ceux qui ont fait du respect de la démocratie et de la lutte contre la corruption le fondement de leur engagement
politique. La démocratie et le respect de l'autre ne peuvent pas être à géométrie variable:
« Ceux qui sont pour la liberté sans agitation sont des gens qui veulent la pluie sans orage ». Mark Twain
"Je ne suis d'accord avec vous ni sur l'essentiel, ni sur l'accessoire. Par contre, je me battrai jusqu'à mon dernier souffle pour que votre voix soit
entendue. " Voltaire
Je ne suis d'accord avec le Député ni sur l'essentiel ni sur l'accessoire mais je me suis toujours efforcé d'accorder ce qu'il m'a toujours refusé: une tribune égale à celle de la majorité dans
le journal municipal, la liberté de parole en conseil municipal sans coupure de micro et sans huissier pour surveiller les déclarations de l'opposition, des cartes de voeux pour l'opposition,
...C'est cela, être démocrate
Les grands discours sur la démocratie ne peuvent pas varier en fonction de ses adversaires politiques. On n'est plus vraiment crédible sinon et il serait sage de s'en souvenir.
Voici le message que j'ai transmis au député:
"Monsieur le Député,
J’ai bien reçu votre courrier dans lequel vous me conviez à participer au débat sur l’Identité nationale que vous organisez dans l’Hôtel de Ville, mardi 12 janvier prochain.
Je ne répondrai favorablement à votre invitation dans la mesure où, comme vous le savez, avec beaucoup d’élus, de chercheurs, d’artistes, de responsables associatifs et de citoyens, j’ai signé un appel demandant l’arrêt de ce « grand débat ».
Ce n’est pas que je trouve qu’il ne doit pas y avoir de débat sur quelque sujet que ce soit. Au contraire, pendant trop longtemps, notre commune a souffert d’un déficit démocratique que je n’ai cessé de dénoncer et c’est pour cela que, contrairement à ce qui se faisait lorsque vous étiez en charge des affaires communales, j’ai accepté de vous mettre à disposition la salle des Mariages.
Non, si j’ai signé cet appel, c’est parce que, trop souvent, les réunions qui se tiennent dans le cadre de ce « grand débat » virent, avec certains propos tenus, à l’espace de libération d’une parole raciste que je ne peux tolérer, tant lors des réunions publiques que sur le site internet dédié à cette opération électoraliste. Je note d’ailleurs que deux anciens premiers ministres de M. Jacques CHIRAC ont également appelé à l’arrêt de ce « débat », preuve s’il en était besoin que ma prise de position n’est pas binaire mais profondément républicaine.
Si je condamne le débat tel qu’il est organisé, c’est en raison du lien insupportable qui est fait entre mise en danger de l’ identité nationale et immigration, la recherche de boucs émissaires à tous les maux que connait notre pays pour masquer l’incapacité du Gouvernement à traiter des vrais problèmes de nos concitoyens, et notamment la question du pouvoir d’achat, qui, malgré toutes les promesses électorales, reste aujourd’hui la préoccupation majeure des Français.
Dans le courrier que je vous ai adressé pour répondre favorablement à votre demande de disposer de la salle des Mariages de l’Hôtel de Ville, je vous ai déjà mis en garde sur le fait que votre responsabilité serait engagée si des propos contraires aux valeurs républicaines devaient être tenus au sein même de la Maison commune des Asniérois. Je réitère donc solennellement de nouveau mon appel à la vigilance.
Je vous prie de croire, Monsieur le Député, en l’expression de mes salutations les plus sincères.
Sébastien PIETRASANTA
Maire d'Asnières-sur-Seine
Conseiller Régional d’Ile de France