Lundi 30 janvier 2012 1 30 /01 /Jan /2012 14:01

 

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Hier soir, Nicolas Sarkozy passait simultanément sur 8 chaînes de télévision, il a monopolisé l’espace médiatique pendant plus d’une heure, du jamais vu ! Le Président-candidat qui n’a toujours pas annoncé officiellement sa candidature mais qui parle « d’un rendez-vous avec les Français auquel il ne se dérobera pas », étrange non ? Ou alors c’est tout simplement une manière de faire campagne déloyalement et de ne pas assumer son bilan catastrophique. Alors finalement ce qu’il a annoncé hier, à tout d’un programme présidentiel, ci-après, un petit florilège des mesures annoncées :

 

1,6 point, c'est la hausse sur la TVA qui passera donc à 21,2%. Le président veut nous faire croire que cette hausse ne se ressentira pas sur les prix puisque le coût de production en France va baisser et donc le prix hors taxe aussi. Encore faut-il que cette baisse des prix soit réellement reportée (jurisprudence baisse de la TVA dans la restauration), mais surtout quid de tous les produits importés ? Le président du pouvoir d'achat est bien loin. En choisissant d‘augmenter l’impôt le plus injuste qui soit et le plus indolore, il trouve là un moyen pour réduire de 13 milliards d’euros les charges des entreprises « en espérant » que la concurrence permettra de maintenir les prix. Même à droite certains députés s'inquiètent de la baisse de la consommation inhérente à une hausse de la TVA. Le quinquennat du président aura donc commencé par la baisse des impôts aux riches et finira par une augmentation des impôts pour tous !

 

2 point, l'augmentation de la CSG sur les produits financiers, c'est à dire sur les revenus issus du capital et non du travail. C'est la 3ème hausse en un an sur la fiscalité du patrimoine après une augmentation de 5 points du taux d'imposition en janvier 2011 et l'augmentation de 1,2 point des prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine en octobre 2011. Cette 3ème hausse successive donne une image d'un gouvernement qui avance à tâtons. Est-ce qu'il ne sait réellement pas où il va ou teste-il simplement jusqu'où les Français vont accepter une hausse de la fiscalité sans broncher ?

 

30%, l'augmentation du COS (coefficient d'occupation des sols) pour relancer le bâtiment, la construction de logements et donc « espérer » obtenir une baisse des loyers. Pour contrebalancer la proposition de François Hollande de créer des logements sociaux et de multiplier par 5 les pénalités contre les communes qui ne respectent pas la loi, il promet que « toute maison, tout immeuble verra ses possibilités de construction augmenter de 30%. » Il ne veut pas entendre parler d’encadrement des loyers. Il va donc falloir attendre avant de voir les loyers et le prix de l’immobilier baisser… Les Français qui n'ont pas de difficultés pour boucler leur fin de mois sont heureux d'apprendre qu'ils pourront dépenser plus pour augmenter la superficie de leur maison.

 

Point de régulation de la finance, seule une taxe de 0,1% sur les transactions financières en France sera mise en place et entrera en vigueur au mois d'août 2012, 2 mois après les élections législatives malgré les pressions subies par notre « courageux Président ».

 

Les 35h, une nouvelle fois remises en cause : ça fait 10 ans qu’on en entend parler, de la fin des 35 heures. Je crois qu’aujourd’hui, dans certaines entreprises, l’équilibre est présent. En tous cas, ce serpent de mer ne parait pas être la préoccupation des chefs d’entreprise. 35 heures ou pas, s’ils n’ont pas de commandes, ils ne produiront pas…

Le Président a annoncé que des discussions vont se tenir dans les semaines à venir avec les partenaires sociaux pour voir comment autoriser les entreprises à s'affranchir des 35h et comment pourront-elles renégocier les salaires en fonction de leur charge de travail. En route pour le travailler moins pour gagner moins au nom de la compétitivité des entreprises !

 

En épilogue de son intervention, Nicolas Sarkozy adopte une voix posée et se pose en défenseur de la "sincérité", de l'"authenticité", du "respect", en ennemi de l'"arrogance". Tout le monde y croit...

 

Après plus d'une heure de discours sans véritables surprises, à redire son amour pour le modèle allemand, son mépris pour les propositions socialistes (qu'il associe sans vergogne aux idées soviétiques), une seule question subsiste, pourquoi ? Pourquoi ces mesures n'ont-elles pas été considérées comme assez urgente pour être prises durant l'été 2011, en plein cœur de la crise qui a secoué l'Union Européenne ? Pourquoi ces mesures sont-elles considérées comme suffisamment urgentes pour devoir être mise en route dès maintenant et non dans 85 jours ?

 

Je ne regrette qu'une seule chose, c'est qu'il ne se soit toujours pas déclaré candidat. Tous les postulants au poste sont condamnés à débattre entre eux sans avoir le sortant avec eux pour défendre son bilan alors que le sortant peut continuer de monopoliser 8 chaînes simultanément pour présenter certains axes de son programme présidentiel.

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