Cet après-midi, en tant que Maire, j’ai fait cours à une classe de CP à l’école Fontaine. J’ai voulu, symboliquement, alerter le Ministre de l’Education Nationale sur le non-remplacement des enseignants absents dans les écoles d’Asnières. Depuis la rentrée de septembre, il y’a un enseignant absent tous les trois jours qui n’est pas remplacé!
Cette situation a évidemment de graves conséquences : les élèves prennent du retard dans le programme, les enseignants présents doivent prendre en charge les élèves qui n’ont plus de maîtresses, ce qui surcharge les classes. On se retrouve avec près de 40 élèves par classe ! C’est inacceptable, l’école n’est pas équipée pour cela, des élèves se retrouvent assis par terre par manque de place. C’est la qualité de l’enseignement de tous les élèves qui en pâti ! L’enseignement est un droit républicain, l’Education Nationale doit garantir ce droit à tous.
Je ne pouvais pas rester impassible devant cette situation et devant l’inquiétude grandissante des parents d’élèves. J’ai d’ailleurs saisi l’Inspecteur d’Académie à ce sujet en janvier dernier, vous pouvez retrouver mon courrier ici. Celui-ci reste à ce jour sans aucune réponse…
Après avoir fait cours pendant 1h30, les enfants ont eu droit à leur récréation. A ce moment là, une enseignante est arrivée pour me remplacer ! Bonne nouvelle me direz-vous ? Mais l’histoire est plus compliquée : l’enseignante remplaçante faisant cours dans une classe à Rueil-Malmaison depuis ½ heure a reçu l’ordre de l’inspection d’Académie d’arrêter immédiatement son cours et de se rendre à Asnières, à l’école Fontaine ! C’est quand même un comble d’avoir « débauché » cette pauvre enseignante en plein cours! Les élèves de la classe d’Asnières ont pu avoir une remplaçante aux détriments des élèves de Rueil-Malmaison…Ce n’était bien-sûr pas la solution à adopter.
Cette situation n’est pourtant pas surprenante, c’est tout simplement la conséquence directe des suppressions massives et aveugles de postes dans l’éducation nationale depuis 5 ans. J’espère que cette action symbolique interpellera l’Education Nationale et que le Ministère débloquera des moyens et des postes d’enseignants supplémentaires immédiatement et pour la rentrée 2012.
Alors que le gouvernement annonçait récemment de nouvelles suppressions de postes pour la rentrée 2012, et notamment dans l’académie de Versailles, les élèves d’une classe de première S du lycée Renoir d’Asnières-sur-Seine attendent toujours un professeur de mathématiques depuis la rentrée.
Les élus de la majorité municipale tiennent à rappeler leur soutien aux élèves, parents d’élèves et enseignants du lycée Renoir et dénoncent avec la plus grande vigueur cette situation inadmissible.
A plusieurs reprises, la municipalité est intervenue auprès de l'Inspection d'académie pour réclamer dans les plus brefs délais l'arrivée d'un enseignant en mathématiques.
Les Asniérois méritent un service public de l’éducation de qualité et de bénéficier des mêmes conditions d’enseignement que tous les autres élèves, sous peine de quoi le principe d’égalité des chances porté par l’école républicaine est mis en péril.
Hier, dans l’après-midi, l’école Descartes A était en effervescence et les enfants avaient tous le sourire et
pour cause : Yannick Noah était venu leur rendre visite !
Mais les enfants avaient bien préparé sa venue en répétant pendant plusieurs jours des scénettes qui retraçaient la vie du champion. En passant pas son enfance, son arrivée en France, sa formation au CFA de Nice, sa carrière de champion et de chanteur, les enfants ont pu aborder des sujets importants tels que le goût du travail, l’importance de l’école, la passion du sport, la persévérance, etc.
Yannick s’est prêté avec beaucoup de simplicité à cet exercice et a répondu avec sérieux mais aussi avec beaucoup humour aux questions des enfants.
Ensuite, place à chanson ! L’ensemble des enfants de l’école accompagnée par la chorale ont interprétés devant Yannick sa célèbre chanson « Angela » et ont même récrit le dernier complet avec un « Noah, our school is our school » ! Yannick avec sa bonne humeur qu’on lui connait, a danser et fait chanter les enfants qui eux étaient plus que ravis ! Je pense qu’ils se souviendront longtemps de ce moment partagé en musique avec leur idole.
Après ce grand moment de chaleur humaine et de convivialité, nous avons inauguré l’allée qui porte désormais son nom et qui jusqu’à aujourd’hui ne portait aucun nom.
Je remercie Yannick Noah de nous avoir fait l’honneur de venir à Asnières à la fois pour le sourire qui a laissé sur les visages des enfants et ce souvenir qui restera symbolisé par l’allée « Yannick Noah ». Il nous donne aussi un élan supplémentaire pour continuer à valoriser les établissements des Hauts-d’Asnières avec la mise en place des pôles d’excellence dans les écoles et de la classe orchestre et de la radio pour l’école Descartes A.
Aujourd’hui, des milliers d'enseignants, d'étudiants, d'élèves et leurs parents ont manifesté pour défendre le service public d'éducation. J’ai rejoins
le cortège parisien dans l’après-midi pour manifester aux côtés des enseignants qui crient leur désarroi face à une école de plus en plus maltraitée !
Pour la première fois, les syndicats de l’école privée ont choisi de s’associer également au mouvement pour attirer l’attention du grand public sur la suppression annoncée de 1.350 emplois dans l’enseignement privé en 2012, alors que les prévisions d’effectifs sont à la hausse.
Les organisations syndicales de l’école public dénoncent le projet de budget 2012 qui passe mercredi en conseil des ministres et prévoit la suppression de 14 000 postes dans l'éducation nationale, portant à 80 000 le nombre de postes supprimés entre 2007 et 2012, alors que les effectifs d'élèves augmentent !
Cette nouvelle manifestation n’est pas un rituel. Et de ce point de vue le ministre a tord de la banaliser. Elle traduit une exaspération profonde des enseignants. Voilà en quoi n’en déplaise à Luc Chatel cette grève est particulière. Elle est le symbole fort et le signe d’une indignation partagée par les deux réseaux d’enseignement.
Gravement affaiblie après dix ans de droite, notre école paie le prix fort de la politique libérale menée par le gouvernement. Les suppressions de postes, les classes surchargées, la suppression des postes RASED, le manque de surveillants, la dégradation des dispositifs de formation des enseignants et la baisse continue de moyens contribuent à l'affaissement de l'égalité républicaine. Les professeurs se sentent de plus en plus seuls face aux difficultés scolaires.
Au tableau des pays de l'OCDE, la France affiche le taux d'encadrement le plus bas (5 enseignants pour 100 écoliers). Et des salaires qui placent les instituteurs français au 25e rang des 31 pays étudiés. Conséquence, le plus beau métier du monde a attiré cette année deux fois moins de candidats qu'en 2010.
Nous assistons à la dichotomie du discours de Nicolas Sarkozy qui d'une part, déclare "la guerre" à l'échec scolaire et d'autre part, réduit les effectifs d'encadrement et d'enseignement dans le service public de l'Education. Lorsque le gouvernement réalise des coupes budgétaires sur l'éducation, il reconnaît que l'Education et la jeunesse n'est pas une priorité.
Il est urgent de mettre fin à la destruction de notre école républicaine et de garantir la réussite scolaire de tous les élèves.

Monsieur ROSSELET
Inspecteur d’Académie des Hauts-de-Seine
EDUCATION NATIONALE
167 av Joliot Curie
92013 NANTERRE CEDEX
Objet : Demande d’ouverture immédiate d’une 4e classe de 1ère S
Asnières-sur-Seine, le lundi 12 septembre 2011
Monsieur l’Inspecteur d’Académie,
Mon attention a été attirée sur les conditions de la rentrée du lycée Renoir de la ville d'Asnières. Comme vous le savez, les enseignants se sont mis en grève, soutenus par les Parents d'élèves. Je souhaite à mon tour vous sensibiliser sur la situation de ce lycée. Les classes surchargées en 1ère S, le manque de surveillant et un manque de personnelen CDI ne permettent pas aux élèves d'étudier dans des conditions optimum cette année.
Chacune des trois classes de 1ère S comporte, à ce jour, 38 élèves. Il n’est donc pas concevable d’étudier dans de telles conditions. Je vous demande donc l'ouverture immédiate d'une 4ème classe de 1ère S. Le lycée Renoir est le seul lycée général public de la ville d'Asnières. La qualité de ses enseignants est reconnue par tous, son rayonnement culturel est également fortement apprécié. Il est impératif que ce lycée soit davantage soutenu afin qu'il puisse continuer à accueillir les élèves provenant de tous nos quartiers et ainsi assurer une véritable égalité
des chances.
Vous remerciant de l’attention que vous voudrez bien accorder à la situation du lycée Renoir, je vous prie de croire, Monsieur l’Inspecteur d’Académie, à l’assurance de ma considération distinguée.
Sébastien PIETRASANTA
J’ai appris hier que le ministre de la ville avait décidé de stopper « le busing », dispositif mis en place il y’a 3 ans dans le cadre du plan Espoir banlieues de Fadela Amara. L’objectif étant de scolariser des enfants issus de quartiers populaires dans des établissements de centre-ville. Asnières avait souhaité s’investir dans ce dispositif. Pourquoi cet arrêt brutal ? Le ministère nous explique que le busing ne répond pas assez aux attentes de mixité sociale et d’amélioration des résultats scolaires.
Moi je réponds que c’est tout le contraire qui se passe à Asnières : les résultats sont positifs à la fois au niveau des résultats scolaires qu’on voit nettement s’améliorer et au niveau de la mixité sociale. De vrais échanges se sont opérés entre les élèves issus de quartiers différents. Il y’a eu un grand engouement des enfants et des parents pour ce projet. Je ne comprends pourquoi le gouvernement arrête un dispositif positif, qui fonctionne et qu’il a lui-même lancé !
Déjà depuis 2008, au-délà du busing, avec Marie-Christine Baillet, mon adjointe en charge de l'éducation, nous voulions aller plus loin. Nous avons mis en place des pôles d’excellence dans les écoles des Hauts d’Asnières pour valoriser celle-ci et favoriser une meilleure égalité des chances : une classe théâtre à l’école Poincaré, une classe orchestre à Descartes A et deux classes bilingues à l’école Descartes B.
Depuis cette rentrée, nous avons également ouvert des classes bi-langues dans les écoles maternelles Mourinoux et Descartes. Réservés aux enfants du secteur, ces pôles s’ouvriront à la rentrée 2012 à tous les écoliers d’Asnières qui le souhaitent. Il s’agit de faire vivre ensemble les populations quelles que soient leurs origines ou leurs lieux d’habitation.
Le gouvernement une fois de plus n’assume pas ses responsabilités en termes de réussite éducative. Avec mon équipe, nous voulons construire une ville où aucun quartier ne serait oublié, où aucun quartier ne serait stigmatisé.
Mon interview hier sur France 3
Article du Parisien
Asnières veut poursuivre sur la voie du busing
C’était l’objectif du busing : transporter des élèves des quartiers défavorisés vers des établissements du centre-ville pour faciliter la mixité sociale. Le dispositif a du plomb dans l’aile, mais la municipalité d’Asnières, l’une des cinq villes françaises testant le dispositif depuis 2008, n’entend pas renoncer. Et promet même d’aller plus loin à la rentrée 2012!
Maurice Leroy, le ministre de la Ville, a annoncé mercredi la fin de cette expérience nationale en arguant que ce dispositif du plan Espoir banlieues de Fadela Amara n’avait pas eu les effets escomptés en termes de mixité sociale et de résultats scolaires.
Sébastien Piétrasanta, le maire (PS), s’est empressé de décrocher son téléphone pour savoir s’il pourrait compter en 2011 sur les crédits d’Etat. Après avoir joint hier le sous-préfet à la ville et le cabinet de Maurice Leroy, le maire d’Asnières soufflait un peu : « Le financement se poursuit cette année mais il sera en diminution. » En nette diminution même : des 70000 € environ alloués par an depuis 2008, il n’en restera que 30000 € en 2011. Sonnée, la municipalité fait malgré tout valoir qu’elle avait anticipé : « On sentait le navire tanguer, nous n’avons pas réintégré de gamins au dispositif cette année… ».
Dès 2008, Asnières avait surtout fait un choix plus ambitieux que les autres communes. En rêvant, à terme, d’un busing « en sens inverse » (NDLR : centre-ville vers périphérie). Dans cette optique, la municipalité a mis en place des pôles d’excellence en 2009 — une classe théâtre à l’école Poincaré, une classe orchestre et une classe bilingue à l’école Descartes A — dans les quartiers nord de la ville. Réservés aux enfants du secteur, ces pôles s’ouvriront à la rentrée 2012 à tous les écoliers d’Asnières. L’ambition est d’y attirer des élèves des « beaux quartiers » — une convention a été spécialement passée avec l’inspection académique pour le permettre. Marie-Christine Baillet, adjointe au maire à l’éducation, se dit optimiste : « Je suis peut-être naïve mais j’y crois! Sans me faire d’illusions — nous n’aurons pas pléthore de demandes — je pense que quelques familles peuvent être intéressées. »
Marie-Do Aeschlimann, chef de file de l’opposition UMP, se montre beaucoup plus sceptique : « Je vois les demandes de dérogations dans les quartiers défavorisés… Elles explosent chaque année! Les pôles d’excellence ne suffiront pas. C’est un leurre. Une mesure de com. » Quant au busing luimême, « nous n’y avons jamais vraiment cru, explique l’élue UMP. Ce dispositif stigmatise les quartiers concernés et génère de la discrimination entre les enfants — une toute petite minorité en bénéficie, 11 élèves sur plus de 2000 scolarisés dans la ZEP des Hauts-d’Asnières…»
Le Parisien | Matthieu Pelloli | 09.09.2011, 07h00
En cette semaine de rentrée, je voudrais tout d’abord souhaiter, à tous les élèves et à leur famille une bonne année scolaire.
Mais cette rentrée me laisse un goût amer : en tant qu’élu et également en tant qu’enseignant, je ne peux pas rester résigné devant les maltraitances que subit notre école de la République.
J’ai pu constater, en arpentant durant deux jours les 36 établissements scolaires du 1er degré de notre ville, que nous sommes nombreux à considérer que notre école va mal et à déplorer l’état désastreux de notre système éducatif.
J’en veux pour preuve le sondage réalisé par l’Institut de sondage CSA en août dernier questionnant les Français sur leur perception de l’école maternelle et élémentaire avant la rentrée 2011. Cette enquête indique que 50 % des personnes interrogées, considèrent que les actions du gouvernement en matière d’éducation vont plutôt dans le mauvais sens.
Plus grave, le rapport PISA 2010 (programme international pour le suivi des acquis des élèves) piloté par l’OCDE (l’organisation de coopération de développement économique) pointe la dérive inégalitaire de notre système éducatif. Il met en exergue que la France avec 6 enseignants pour 100 élèves présente un des taux d’encadrement les plus faibles des 34 pays membres. Il fait état que 20 % des collégiens français savent à peine lire et compter quand ils arrivent au collège !
Enfin, il souligne que les dépenses engagées par écolier français demeurent très inférieures à la moyenne de l’OCDE.
NOTRE ECOLE EST ABIMEE ….. Elle ne joue plus son rôle d’intégration. Philippe Mérieux, pédagogue l’explique très bien : « la promesse de l’école est éventée le « travaille et tu réussiras » ne fait plus recette. L’école souffre de la défiance dont les parents font preuve à son égard. ». Il ajoute « le pacte de confiance entre l’institution scolaire et les parents est rompu. Ces derniers considèrent souvent l’école comme un marché dans lequel ils cherchent le meilleur rapport qualité / prix. ».
Devant autant de maux, il y a urgence, et nous devons exiger que l’école soit au cœur des débats de la campagne des présidentielles.
Un vrai débat démocratique doit s’instaurer. Je ne parle pas de promesse telle que celle dégainée par N. Sarkozy en juin dernier où il assurait ne fermer aucune classe en 2012, alors que dans le même temps le gouvernement supprimait sans ciller 16 000 postes faisant fi de la forte mobilisation de la communauté éducative.
Au-delà de demander l’arrêt des réductions des moyens, la question de l’éducation doit être portée en dehors de l école. Elle doit bénéficier d’une attention particulière et doit devenir la préoccupation de tous. C’est le cas aujourd’hui à Asnières, cela doit l’être demain à l’échelle de la France.
Alors que le Chef de l'Etat annonce à grand renfort de communication le gel des fermetures de classes à la rentrée de septembre 2012, le Gouvernement n'a toujours pas terminé la préparation de la rentrée 2011.
A Asnières, 6 fermetures de classes sont prévues. A cela s’ajoute la suppression de 6 postes RASED (Réseau d’Aide et de Soutien aux Elèves en Difficulté) sinistrant ainsi le réseau d’aide aux élèves les plus en difficulté.
Sébastien Pietrasanta, Maire d’Asnières-sur-Seine, dénonce avec la plus grande vigueur les suppressions de postes dans sa commune alors même qu’il y a encore quelques mois, Jeannette Bougrab, Secrétaire d’Etat à la Jeunesse et à la vie associative, avait fait d’Asnières et Gennevilliers un site pilote en matière de décrochage scolaire suite au terrible événement intervenu le 12 mars dernier et qui avait provoqué la mort du jeune Samy.
Comment le Gouvernement peut-il annoncer d’une part vouloir lutter contre le décrochage scolaire et en même temps supprimer les postes d’enseignants RASED qui soutiennent justement les élèves en difficulté et qu’on risque de retrouver en décrochage scolaire quelques années après…
Le Maire d’Asnières-sur-Seine demande le maintien de toutes les classes dans sa commune et les postes RASED.
L’éducation doit être une priorité pour notre pays et non pas l’objet d’une succession d’effets d’annonce.