Ce
soir, la municipalité a organisé une initiative pour la paix et le vivre ensemble suite au conflit du Proche-Orient. L'ensemble des communautés religieuses (catholique, protestante, juive et
musulmane) était présent. Chacun a pu écrire un mot sur cette toile de la paix : "les ailes de la paix". Voici le discours que j'ai prononcé à l'occasion
Mesdames Messieurs les élus,
Mesdames et Messieurs les représentants des différentes communautés religieuses,
Mesdames et Messieurs les présidents d’associations.
Je tiens à vous remercier quant à votre présence parmi nous ce soir, à l’inauguration des
« Ailes de la paix ».
Cette initiative, montée dans l’urgence, nous est apparu comme une nécessité au regard des
tensions que notre pays connait ces derniers jours.
Depuis le 27 décembre dernier jusqu’à il y a quelques jours encore, quel que soit nos convictions
politiques, nos convictions religieuses, les images des victimes civiles du conflit au Proche-Orient ont soulevé des émotions légitimes que nous partageons tous.
Mais depuis le 27 décembre dernier, début de l’offensive israélienne dans la bande de Gaza, nous
assistons à une déferlante d’actes de haine dans notre pays que nous ne pouvons accepter.
Tous ces actes ne peuvent que desservir les causes qu’ils prétendent fallacieusement
soutenir.
A chacun de ces exactions, c’est la République qui se trouve gravement bafouée dans ses valeurs
les plus essentielles
car chacune d’entre elles résonnent comme des coups de boutoirs assénés au « vivre ensemble ».
La réaction à adopter face à de tels actes est claire et sans ambiguïté : les dénoncer avec
la plus grande fermeté.
Le conflit au Proche-Orient peut nous diviser mais nous tenons à réaffirmer qu’il s’agit d’un
conflit politique et non religieux, pour reprendre les propos pertinents du responsable Rhône-Alpien du Conseil Français du culte musulman.
Toutes celles et tous ceux qui voudraient donner de ce conflit l’image d’une lutte entre juifs et
musulmans participent à l’échauffement des esprits sur notre territoire et dans tous les pays où cohabitent des juifs et des musulmans.
Je tiens à dire que le seul clan que je soutienne, c’est celui qui pense qu’il y a deux peuples
et qu’il faut donc deux Etats ; contre ceux qui pensent que le conflit se résoudra par l’élimination d’une des deux parties.
Je suis convaincu que c’est en tenant cette position tous ensemble que nous serons les plus
utiles à la résolution du conflit car nous désirons qu’au Proche-Orient, les Israéliens puissent vivre en sécurité, et que les Palestiniens puissent disposer d’un Etat viable leur permettant de
prendre leur destin en main.
Cette position, c’est celle de la raison contre les déchaînements des passions qui, sur la
question du conflit Proche-Orientale, peut tout emporter, comme nous le savons trop bien.
C’est pourquoi, j’appelle tous les acteurs citoyens, tous les élus, toute la société civile, à
faire barrage à la haine.
Lancer des voitures-bélier contre des synagogues ou agresser des lycéens d’origine maghrébine, ça
n’est certainement pas aider les Israéliens ou les Palestiniens à mieux vivre.
Je m’y opposerai avec la plus grande vigueur, et je suis convaincu que, tous ici, vous partagerez
mon opinion face à tous ceux qui adoptent des positions consistant à légitimer ou à excuser de tels actes, en prenant prétexte du conflit au Proche-Orient.
En tant que Maire, en tant qu’élu, en tant que militant associatif et en tant que citoyen, je ne
peux qu’être inquiet de l’enracinement des préjugés qui, bien qu’exacerbé par ce qu’il se passe à 5 000 km de notre pays, doit être combattu, ici, pour ce qu’ils sont.
Je souhaite que, tous ensemble, nous travaillons afin de déconstruire ces préjugés.
C’est une urgence si nous voulons faire barrage au fléau de l’antisémitisme, des pratiques
discriminatoires ou de l’islamophobie.
Nous savons que trop que la mécanique des préjugés est la même quel que soit la population
désignée pour tenir le rôle de bouc émissaire.
Ce travail de déconstruction doit être généralisé car les préjugés constituent un terrain
extrêmement fertile au racisme et à l’antisémitisme.
A Asnières-sur-Seine, et je m’en réjouis, j’y vois là d’ailleurs le fruit du travail mené
ensemble, nous n’avons pas connu ce genre d’incidents.
Mais je sais que tout cela reste très précaire.
Aussi, je souhaite que tous ensemble, les élus, les communautés religieuses, les associations,
nous menions un travail commun n’ayant qu’une seule autre mission : refuser la culture de la haine pour bâtir un présent et construire un avenir à la hauteur de nos idéaux
républicains.
C’est pourquoi, dès aujourd’hui, j’invite, avec l’ensemble du conseil municipal, tous les
citoyens à venir écrire un message de fraternité en faveur de la paix et du « vivre ensemble » sur cette toile de la paix.
Parce qu’au final, je suis convaincu que nous n’avons qu’une seule mission : non pas d’importer la haine mais d’exporter le « vivre ensemble ».
Je vous remercie