J'ai eu l'honneur cet après-midi de présenter au nom du groupe socialiste au Conseil Régional
d'Ile-de-France la première niche de la mandature. Je suis intervenu en faveur de la création d'un opérateur public face aux ascensoristes pour régler les problèmes d'ascenseurs.
Dans mon intervention ci-dessous, j'explique ce projet. Celui-ci a été adopté par la majorité régionale (L'Ump
a voté contre...).
Monsieur le Président,
Chers Collègues,
J’ai l’honneur au nom du groupe socialiste d’intervenir devant vous, ce jour, pour souhaiter une régulation
publique de l’entretien et de la maintenance des ascenseurs du parc social sur le territoire francilien.
Je sais que dans cet hémicycle, il y a de nombreux élus locaux qui sont confrontés à la colère, à
l’angoisse de nombreux Franciliens victimes de pannes d’ascenseurs à répétition.
Dans ma ville, à Asnières, rien que cette semaine, j’ai été alerté à plusieurs reprises sur l’état
insupportable d’ascenseurs du parc social de notre Ville.
Les conséquences, vous les connaissez tous. Des personnes âgées ou handicapées prisonniers chez eux, des
familles avec des enfants en difficulté.
Et ce sentiment toujours accru de se sentir délaissé, oublié par son bailleur…D’autant plus que le parc
français des ascenseurs est l’un des plus vieux d’Europe, en moyenne 25 ans avec un quart des appareils de plus de 40 ans.
La ville de Paris s’est d’ailleurs saisie de cette question et un rapport, remis le 11 mai dernier a
constaté, je cite «une fréquence de dix-sept pannes par machine et par an, voire vingt pannes sur le parc de Paris Habitat. Chaque ascenseur reste immobilisé en moyenne 116 heures par an, avec
des délais d'intervention de plus de 8 heures».
Bien entendu, les ascensoristes ont démenti ces chiffres mais comment pourrait-il en être
autrement ?
Nous savons, élus locaux que nous sommes, que cette question concerne tous les franciliens, ceux qui vivent
dans les logements sociaux, comme les autres.
Combien de fois sommes-nous intervenus auprès de tels bailleurs ou de tels ascensoristes pour qu’ils
interviennent dans des délais un peu plus décents ?
Oui, je le dis avec force, le groupe socialiste a raison de se saisir de la question de la maintenance et de l’entretien de l’ensemble des ascenseurs du parc
francilien.
La situation du marché, que d’aucun pourrait qualifier d’oligopolistique avec quatre opérateurs
historiques, est connue de tous.
Aujourd’hui, les délais de réparation des cages d’ascenseurs en panne sont systématiquement multipliés par
2 ou 3 par rapport aux engagements pris dans les conventions passées avec les bailleurs, quand les engagements sont tenus, ce qui n’est malheureusement pas toujours le cas.
Les ascensoristes gèrent en flux tendu refusant de disposer de stocks de pièces de rechange, stocks qui
coûtent trop chers…
La conséquence concrète pour les locataires est une attente inadmissible. On commande une pièce manquante,
on attend plusieurs semaines sa livraison et parfois plusieurs jours encore son installation.
Ces délais provoquent en retour un accroissement d’ascenseurs toujours en panne.
Qui plus est, la loi Boutin de janvier 2009 oblige à un remplacement rapide du parc d’ascenseurs, âgé de
plus de 18 ans.
Cette contrainte logistique qui, de prime abord, voulait aller dans le bon sens, a mobilisé, de fait, tous
les moyens des ascensoristes pour les travaux de remplacement des cages d’ascenseurs et les conduit à délaisser davantage les travaux de maintien et d’entretien.
Alors Oui, une régularisation publique s’impose.
Cette régularisation à l’initiative de la Région pourrait réunir les collectivités et les bailleurs
sociaux.
Aussi, le groupe socialiste propose qu’une étude soit réalisée par l’IAURIF pour analyser en profondeur les
besoins en la matière du parc social francilien.
En fonction, l’Agence régionale de développement et Paris Métropole pourraient être mandatés par le Conseil
Régional pour dessiner les contours d’une future société d’économie mixte francilienne pour l’entretien et le maintien des ascenseurs des immeubles sociaux.
Cette future société pourrait associer les collectivités, les bailleurs sociaux pour gérer en commun un
stock de pièces et répondre dans des délais raisonnables aux travaux de maintenance et d’entretien, et enfin former des personnels qualifiés.
J’ose espérer que ce projet, qui n’est pas partisan, mais seulement mu par un souci de bien être de nos
concitoyens, sera soutenu par l’ensemble de notre assemblée.
Merci à vous.