Blog de Sébastien Pietrasanta, maire d'Asnières
Article paru sur le site citoyen Agoravox ce 21 novembre et rédigé par Josiane Fischer.
Mardi 20 novembre 2007, Madame Rama Yade, Secrétaire d'État aux Droits de l'Homme, dont la présence était annoncée officiellement , ne s’est pas rendue à l’invitation de Manuel Aeschlimann, député-maire UMP d'Asnières-sur-Seine, à l’occasion de la Journée Internationale des Droits de l'Enfant.
Ces derniers jours, nombre d’Asniérois avaient exprimé combien ils étaient choqués que le Secrétaire d'État aux Droits de l'Homme puisse avoir choisi Asnières pour parrainer cette manifestation. C’est avec soulagement qu’ils viennent d’apprendre que Madame Rama Yade a décidé de ne pas s’y rendre.
Si les Asniérois étaient ainsi choqués, c’est que sans une réelle vie démocratique locale il est vain de parler de respect et de défense des Droits de l'Homme, ou de l'Enfant.
A Asnières-sur-Seine, nombreux sont les Asniérois qui dénoncent les atteintes aux valeurs démocratiques et républicaines.
La Démocratie au quotidien, c’est notamment le débat, la transparence et le respect de la Liberté d'expression et d'opinion.
Que viendrait faire à Asnières le Secrétaire d'État aux Droits de l'Homme quand le fait de coller des affiches citoyennes sur les panneaux d’expression libre peut se terminer par un menottage en règle, avec transfert toute sirène hurlante au commissariat de Police !
Quand la mairie d’Asnières se permet de demander aux associations de lui communiquer le fichier nominatif de leurs adhérents, alors que « selon un arrêt du Conseil d'Etat, cette « demande » viole le principe de la liberté d’association, principe qui a valeur constitutionnelle ».
Quand des tracts ethniques sont distribués en période électorale.
Quand à Asnières, pour une broutille, le maire fait intervenir la police armée en pleine séance du Conseil municipal.
Quand plusieurs élus de la majorité ont été condamnés par la justice pour diffamation à l’encontre de citoyens, personnalités, associations ou d’élus d’opposition.
Quand une véritable avalanche de procédures judiciaires asphyxie financièrement et moralement les opposants politiques comme associatifs, et génère une inflation considérable des frais de justice. En 1998, sous le mandat du maire RPR précédent, ceux-ci étaient de 119.000 Euros par an. En 2004, sous le mandat de Manuel Aeschlimann, la ville d’Asnières a dépensé 5 fois plus … Quelques liens utiles :
Huissiers
Justice
Mayetic
Notes RG
Quand le maire d’Asnières joue l’opacité sur la gestion de la ville. Fin octobre 2007, la Chambre Régionale des Comptes d'Île de France a rendu ses observations sur la gestion de la ville. Malgré la demande insistante d’élus et de citoyens, le maire refuse de convoquer un conseil municipal pour rendre public ce rapport avant les élections municipales de mars prochain. Puisque la loi l’y autorise jusqu’au 30 novembre 2007, ce refus est une atteinte à la transparence des comptes publics, base même de la Démocratie.
Les municipalités de Gennevilliers et de Paris viennent de réunir leur conseil municipal pour débattre de leurs rapports respectifs. Asnières, non. Les électeurs asniérois voteront en mars 2008 dans l'opacité sur la réalité de la gestion de Manuel Aeschlimann pendant son mandat.
Le désistement de dernière minute de Madame Rama Yade a été perçu par nombre d’Asniérois, confrontés quotidiennement à cette réalité, comme un geste de solidarité. Merci Madame !